Une guerre à deux

Publié: décembre 19, 2010 dans Uncategorized

Une guerre à deux

C’est dit tout net, de tableau en tableau. La guerre conjugale se pratique à deux. Sondés par l’institut BVA sur les tensions qu’ils ont pu vivre durant les douze derniers mois de leur vie de couple, les Français de 20 à 59 ans ont tous le sentiment d’avoir traversé au moins l’une des situations testées dans cette étude. 44% des personnes interrogées ont essuyé, de la part de leur conjoint, des remarques désagréables sur leur propre famille ou sur leurs amis(es). 34% se sont sentis dévalorisés et critiqués. 30% ont été la cible d’une jalousie questionneuse: «Où étais-tu, avec qui?» 29% ont vu l’autre décider de dépenses importantes sans tenir compte de leur avis. Et 25% ont dû supporter de le voir «cesser de parler, refuser totalement de discuter», bref, faire la gueule. Il y a pire, mais c’est un peu plus rare. 23% se sont entendu balancer des remarques désagréables sur leur physique – «T’es moche!» – et 22% sur leurs performances sexuelles. 23% accusent leur conjoint d’avoir méprisé leurs opinions en privé, et parfois en public (13%).

Mais le plus intéressant n’est pas là. La surprise, ce sont les hommes. Comme les femmes, ils se plaignent d’être à l’occasion rabroués, maltraités, déconsidérés. Plus souvent que les femmes, ils dénoncent le harcèlement jaloux de leur conjointe: 18% d’entre eux (pour 12% des femmes) déclarent que l’autre les empêche de parler à d’autres femmes (hommes). 34% des hommes (26% des femmes) déclarent que l’autre exige de savoir avec qui et où ils étaient; 33% (27% des femmes) que l’autre décide de dépenses importantes sans tenir compte de leur avis. Ce seraient les femmes qui hésiteraient le moins à décocher des critiques sur l’apparence physique. Et elles ne seraient pas les dernières à lancer des insultes ou des injures: 15% des hommes l’affirment, alors que 8% des femmes en accusent leur conjoint. Certes, il s’agit de déclarations. A manier avec précaution, donc. Mais il n’est pas forcément facile, pour un homme, de se dire l’objet de pressions psychologiques.

Sur quelques questions, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à se déclarer victimes: leur conjoint les «dévaloriserait» plus souvent (37%, contre 30%) et s’attaquerait en particulier plus facilement à leurs compétences sexuelles (25%, contre 19%). A noter: sur certaines questions, les femmes répondent de façon plus pessimiste que dans l’ «Enquête nationale sur la violence envers les femmes en France» de 2001. Le cadre de notre sondage, moins sombre et plus léger, a sans doute contribué à dédramatiser le sujet, et libéré la parole. S’il montre bien que les hommes et les femmes sont aussi capables les un(e) s que les autres de «violences» conjugales, il ne dit rien, évidemment, de toutes les querelles qui dérapent, le plus souvent au détriment des femmes, dans le fait divers.

http://www.lexpress.fr/info/societe/dossier/violenceconju/dossier.asp

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