La Préhistoire du Féminisme suivi de 3 vies de victimes

Publié: décembre 15, 2010 dans Feminism

La Préhistoire du Féminisme suivi de 3 vies de victimes

Le saviez-vous ?

Le 17 octobre 2010, on a fêté les 40 ans du féminisme ( d’après Françoise Picq dans « RebElles).

Et pour Sandrine Dauphin, ( Archives du Féminisme), sociologue au CNRS, ce serait plutôt sept 2010 suite à un Haut Fait d’Armes des Luttes Féministes :

Le dépôt d’une gerbe à la FEMME du Soldat Inconnu le 26-Août 1970, à l’Arc de Triomphe à Paris!

Date qui commémorait le 50ième anniversaire du droit de vote des Américaines en 1920.

(A propos, combien de mortes et de mutilées pour ces 2 évènements ?)

Ce grandissime évènement (dont nul n’a entendu parlé), serait donc l’acte fondateur des « Luttes Féministes » ? Début historique de ces luttes épiques, aiguilles à tricoter au poing, par ces dames décidées à en découdre avec les « machos » ?

Mais bien sûr, ces luttes, avaient commencé bien avant. Sans doute dès qu’Adam commença à exercer son droit de cuissage sur Eve !

Voilà la version officielle du Mythe fondateur féministe.

Mais que nous dit l’histoire sur l’avant 1970 ? A l’âge où le cœur de pierre des hommes n’était pas même poli : la Préhistoire du Féminisme !

Quiz sur cette Préhistoire :

Qui a défendu ces thèses bien avant 1970 ?

1)      « L’esprit n’a pas de sexe »

2)      « Les femmes doivent être éduquées comme les hommes »

3)      « De l’admission des femmes au droit de cité »

4)       « La femme est l’égale de l’homme, en sera l’égale. Elle en est aujourd’hui l’esclave ! »

5)       « Les progrès sociaux s’opèrent en raison des progrès des femmes vers la liberté »

6)      « Le mariage n’est qu’une prostitution légale »

Voilà bien un programme féministe

Réponses :

1)      François Poullain de la Barre, écrivain 1674

2)      Antonio Vallisneri, Docteur  à l’Université de Padoue 1722

3)      Nicolas de Condorcet, philosophe des Lumières. Titre d’un livre 1789

4)      Père Enfantin, religieux, disciple de Saint Simon 1820

5)      Et 6) Charles Fourier, philosophe 1832

Ainsi, des  siècles avant le féminisme officiel, des hommes, tous célèbres au moins à leur époque, propageaient  des thèses féministes !

N’étaient-ils que quelques illuminés ? Loin s’en faut ! Je suis loin d’avoir épuisé la liste des hommes de la préhistoire féministe !

Ainsi, prenons l’exemple des crèches, une des revendications phares du féminisme, qui permet  l’émancipation des mères par le travail. Dès 1810, est fondée la « Charité Maternelle de Paris » d’origine religieuse, aujourd’hui  encore répertoriée ARUP N°1212 (Association Reconnue d’Utilité Publique).En 1844, Firmin Mirbeau (adjoint au maire de Paris 1ier )crée une nouvelle  crèche à Paris. Dès 1902, on en compte 408 en France, dont 28 sont encore ARUP en 2009, c’est-à-dire favorisées par le fisc ! La plupart sont d’origine privées, œuvres charitables, religieuses ou crèches d’entreprises…

C’est en 1869 que Léon Richer (journaliste féministe) crée avec Maria Deraisme une association pour les droits des femmes, dont Victor Hugo est le Président d’honneur.

Dès 1867, John Stuart Mill, député anglais prononce un discours devant la chambre des Communes  recommandant le vote des femmes. Victor Hugo ,en France, a la même position.

Et c’est en 1879 que Paul Robin (Pédagogue reconnu) milite pour la contraception, le contrôle des naissances, la femme « cheffe de famille »… et les syndicats de prostituées.

1910 voit se tenir un Congrès International Socialiste des Femmes à Copenhague. Clara Zeitkin y lance la Journée de la femme le 8 mars.

1921, Lénine lance la 1ière Journée Internationale de la femme.

Qu’à donc apporté de plus le féminisme historique après 1970 ?

« Toute relation hétérosexuelle est un viol » Catharine McKinnon 1979.

Voilà l’apport du féminisme actuel : la diabolisation de l’homme ! (Et encore, ça rappelle furieusement Ch. Fourier !)

Les preuves abondent donc.

1)      Le féminisme est bien une invention masculine, issue  de l’évolution naturelle de courants de pensée égalitaires, démocrates et libertaires allant des pédagogues, religieux ou laïcs du 17 ième siècle aux utopistes sociaux du 19 ième, en passant par les philosophes des Lumières.

2)      A chaque époque, la plupart des femmes, comme des hommes y furent opposées, tant que les conditions objectives de la réalisation de ces utopies ne furent pas réalisées. De plus, concrétiser ces utopies ( même partiellement) déclencha des dégâts collatéraux importants.

3)      La participation des gouvernants de toutes tendances y joua un rôle primordial, à toute époque.

Le mythe de luttes exclusivement féminines ( telle Olympe de Gouges) contre un Patriarcat exclusivement masculin, oppresseur et tout puissant n’a aucune base historique.

C’est ce que je me propose de démontrer dans mes études suivantes.

La Préhistoire du Féminisme 2ième partie. Reculs : Conspirations ou Faillites ?

Le Féminisme a connu bien des  reculs (ou ressacs). L’étude de  la Révolution Française, et de l’expérience de JB Godin, nous livre bien des  enseignements .

1) La Révolution Française :

Si Rousseau, Voltaire ou d’Alembert ne militaient pas pour les droits des femmes, Montesquieu, Diderot ou Condorcet ne cachaient pas leurs sympathies pour ces droits. Dans les salons de la bonne société des Lumières, les femmes sont respectées, voire adulées. Elles donnent le ton, font ou défont les réputations.                                               Du salon de la mère de Mme de Staël, temple des Lumières, à celui de Mme Roland, lieu de réunion des principaux révolutionnaires, l’influence de ces femmes fut énorme. Napoléon exila la première comme étant une « redoutable intrigante » et la seconde fut exécutée en 1793.

Dès janvier 1789, un cahier de doléances des femmes  fut écrit. Au programme :                 -exclure les hommes des métiers féminins ( couturières, modistes…)                                     -marquer les Filles Publiques au fer rouge. La lune de miel entre la Révolution et les femmes commença sous d’heureux auspices :                                                                             Elles ramènent le Roi à Paris dès octobre 1789.   La République leur accorde la fin de la tutelle paternelle à l’âge adulte et même le divorce.                                                           Après Valmy, il fut question de lever des armées d’Amazones, sans grand succès.         Puis un club mixte fut créé par Théroigne de Méricourt et en mars 1791, Etta Palm créa  « La Société des AmiEs de la Vérité » excluant les hommes.                                                 Des « Tricoteuses » assistent aux séances de l’Assemblée. Certaines sont même payées pour cela, car les débats doivent être publics. On prétend qu’elles étaient là pour jouir de la lumière et de la chaleur tout en avançant leur ouvrage. Cependant, elles ne se privent pas d’invectiver les députés souvent dans un sens extrémiste. Dans les rues, elles traitent les hommes de lâches.                                                                                                                  Plus tard, au Tribunal Révolutionnaire, le plus terrible Accusateur Public ne fut pas toujours Fouquier-Tinville, mais des « EnragéEs » des tribunes, comme à l’Assemblée. Certaines accompagnaient les charrettes de condamnés, les injuriant, allant même jusqu’à danser dans le sang des suppliciés !

Le ressac : Dès avril 1793, l’Assemblée, lassée de ces débordements, vote avec Robespierre, l’Incorruptible, l’exclusion des femmes des droits politiques. En octobre, il leur est interdit de fonder des clubs féminins et même de se réunir à plus de 5 dans les rues.       A vrai dire, la Terreur règne à Paris. La France est à feu et à sang ! Guerre extérieure, en Vendée, insurrections fédéralistes de Lyon, Nantes, Bordeaux …Effondrement des assignats, hausse des prix , chômage, misère générale ( des paysans meurent de faim) « 93, année terrible » écrira Victor Hugo.

Olympe de Gouges, en novembre 1793, n’est qu’une femme guillotinée parmi des dizaines de femmes et des milliers d’hommes.

Quand en 1804, le code Napoléon reprend les dispositions votées en 1793 excluant les femmes de la politique, c’est dans l’assentiment général.

2) Godin  les femmes et le collectif :

Parmi les multiples  tentatives pour concrétiser les utopies de Saint Simon ou Fourier, la plus achevée fut celle du Familistère de Jean-Baptiste Godin qui dura de 1859 à 1970. Cet industriel, en position enviable de patron et de bienfaiteur de ses ouvriers et de leurs femmes, avait créé tout un programme, à la fois socialiste et féministe. Ce capitaine d’industrie vend à la France entière des poëles  de chauffage. ,Son « Palais Social » (ensemble d’immeubles, loués aux ouvriers) abrite plus de 1750 personnes en 1885.  Il est pour l’égalité des sexes et l’émancipation des femmes. Lui-même, victime d’un mariage raté, pratique l’union libre et écrit : « Le mariage est un reste d’esclavage ». Au Conseil du Familistère, siègent 12 hommes et 12 femmes, élu(e)s.

Dès 1861, il finance une école mixte, laïque, gratuite et obligatoire pour les familles de ses ouvriers. Cette école comprend une « nourricerie » (crèche) qui accueille les enfants de 15 jours à 2 ans, de 6h à 20h. Les mères y déposent leurs bébés, quand elles le veulent et autant qu’elles le veulent. Une garde de nuit est même possible. En général, elles allaitent les nourrissons, mais les biberons peuvent y suppléer.

Le coût est modique, le personnel compétent, l’hygiène rigoureuse avec surveillance médicale.

Après 2 ans, c’est le « Pouponnat » qui prend en charge les enfants, puis l’école maternelle, de 4 à 6 ans … et ainsi jusqu’au cours supérieur qui prépare les élèves aux concours de l’Ecole Normale, des Arts et Métiers…

Mieux ! Il existe des cuisines, des laveries  collectives que les ouvrières peuvent utiliser à bas prix. Un système de distribution d’eau potable et de ramassage d’ordures « allège le fardeau de la ménagère », un économat vend les produits courants et ses bénéfices sont partagés entre les clients. Enfin l’usine est à 5 minutes du Familistère.

Cette microsociété  met donc en œuvre des conditions idéales pour les femmes. Même la société féministe d’aujourd’hui ne les a pas toutes réalisées. En 1883, le journal féministe « La Citoyenne » écrit :

« Grâce à Godin, la femme a cessé d’être écrasée sous la ménagère, la bonne à tout faire… »

Et le travail des femmes ?

En 1885, à l’usine, 538 hommes sont fondeurs, ajusteurs, émailleurs. Ils travaillent dans la chaleur, le bruit, la poussière, 10h par jour. Sur 529 femmes et jeunes filles, seules 32 femmes sont à l’usine dans l’atelier brossage des pièces. Au Familistère, 83 femmes sont employées à l’entretient ou comme vendeuses, le plus souvent à temps partiel. La plupart sont au foyer, malgré d’excellentes conditions de travail. Godin décide alors, pour des raisons écologiques ( économiser les feux) et féministes (liberté des femmes),  de créer une usine de bonneterie. Il forme 2 ouvrières sur des machines, achète tout le matériel … et embauche 30 femmes sur les 400 possibles ! Et encore 8 sont jugées comme « tire-au –flanc »  par la directrice ! Même à temps partiel !

Les reculs :

Pour Godin, c’est un camouflet. Il explicite ses vues dans des conférences, dans son journal … Rien n’y fait. La bonneterie finira par être abandonnée, comme les cuisines  et les laveries collectives  bien avant, comme les gardes nocturnes à la nourricerie.

Faute de fréquentation.

La nourricerie était-elle mieux fréquentée ? On peut en douter vue  l’écrasante majorité de femmes au foyer. Elles devaient l’utiliser comme accueil provisoire, pour 1h ou 1 jour de temps à autre.

Enfin, malgré les convictions anti-mariage du patron, en 1889, il y a 406 couples mariés, 23 veufs, 22 veuves et 12 célibataires au Familistère.

Pourquoi ces résistances ?

Parce qu’une utopie, même réalisée dans des conditions généreuses, ne répond pas toujours aux attentes des personnes concernées.  Visiblement le travail en usine ou à la bonneterie ne correspond pas aux attentes des femmes. On le constate encore aujourd’hui.

D’autre part, le grand problème des crèches, encore aujourd’hui est sanitaire.

Déjà, à l’époque du Familistère, on refuse les enfants malades. Mais celui-ci a déjà contaminé ses petits camarades avant même d’avoir des symptômes ! N’oublions pas les ravages de la tuberculose à cette époque.

Autre exemple. La période 1945/60 fut à la fois celle du recul du travail des femmes et de l’afflux des naissances, tandis qu’après 1970, l’explosion du travail des femmes et du nombre de places en crèche s’est accompagnée de l’apparition de résistances des microbes aux antibiotiques.

Enfin, l’expérience de Godin montre bien que c’est le dur labeur des hommes à l’usine qui finançait directement les avantages féministes accordés aux femmes.

Comme au Familistère, aujourd’hui,  la majorité des emplois de service sont occupés par des femmes et la majorité des emplois de production par des hommes !

La Révolution et Le Familistère montrent bien que la réalisation d’une utopie provoque des dégâts collatéraux. C’est la prise de conscience de ces faillites sociales  par tous qui entraine les reculs de l’utopie.

Et non de prétendues conspirations  patriarcales !

3 vies de victimes : 1ière partie

A  en croire certaines, malgré 40 ans d’avancées, de nombreuses femmes seraient, encore aujourd’hui, victimes des machos. Alors qu’en était-il, des  siècles  plus tôt, au temps du Patriarcat tout puissant ? C’est ce que je voudrai vérifier au travers des vies de femmes  féministes et d’hommes des siècles précédents.

La plus ancienne s’appelait Marie Pape-Carpentier. Orpheline de père, elle fut élevée par une mère pauvre, mais éduquée. Née en 1815, elle était repasseuse à 11 ans à La Flèche (Sarthe)

La loi Guizot de 1833, en créant un enseignement primaire dans toutes les communes de plus de 500 habitants, bouleversa leur vie.

Certes, cette loi ne concerne que les écoles primaires de garçons, mais c’est surtout pour aider les femmes qui travaillent dans l’industrie à résoudre leurs problèmes de garde d’enfants.

En effet, dans cette ville industrielle, la commune  créa, en plus des écoles, une « salle d’asile » pour les petits de 2 à 6 ans. Sa mère fut nommée à ce poste, la prit comme assistante et lui laissa bientôt la place dès 1834. Consciencieuse et férue d’idées nouvelles, elle écrivit en 1846 un livre intitulé :

« Conseils pour la direction des salles d’asile » qui connut un grand succès. Dès 1848, elle fut nommée à Paris, directrice d’une « Maison d’Etudes » chargée de former celles qu’on appellera bientôt « institutrices d’écoles maternelles »

En 1862, elle reçoit à Londres un prix récompensant son œuvre et anime des conférences en Sorbonne dès 1867. Elle meurt en 1878 honorée de tous.

Une victime du Patriarcat ?

Elle doit sa carrière à une loi créant des milliers de postes pour femmes.

Son premier  ouvrage pédagogique est couronné par l’Académie.

2 ans plus tard, elle devient directrice d’Ecole Normale.

Elle écrira une trentaine de livres de pédagogie, tous parus, sera sans cesse honorée et récompensée, malgré ses idées féministes sur l’éducation des filles et les droits des femmes.

Loin d’être en butte aux vexations d’un Patriarcat tout puissant, en tant que femme et féministe,  elle est sans cesse  promue et récompensée !

Seule anicroche : révoquée pour libre pensée en 1874, mais rétablie quelques mois après !

Quelques réflexions sur son destin :

Sans vouloir amoindrir ses mérites de pédagogue, il faut remarquer qu’elle s’inscrit dans un grand courant éducatif novateur initié par JJ Rousseau (l’Emile 1762), et Pestalozzi (Mes recherches sur la marche de la Nature et le développement du genre humain 1797)

Mieux, elle doit beaucoup à Joseph Lancaster, américain  créateur de nombreuses écoles pour  pauvres, dès 1800 à Philadelphie, et surtout à  Robert Owen concepteur des « infants schools » anglaises dès 1816, et enfin  à Frédéric Fröbel, inventeur des « Jardins d’enfants » allemands déjà connus dans toute l’Europe dès 1830.

Tous des hommes !

Plus encore, Edom, inspecteur d’Académie à Lisieux en 1839 nous signale qu’il existait déjà 100 « infant schools » à Londres à cette date et plus de 1000 dans toute l’Angleterre. A Paris, il y a 24 « salles d’Asile », selon le modèle anglais, 261 en province. Une ordonnance royale les règlemente, accorde  des subventions, un Manuel de conseils pour animer ces salles existe déjà en 1837.

Le livre de Mme Carpentier date de 1846 !

Mme Carpentier aurait introduit la « méthode naturelle » en France. Pourtant, les petits anglais sortent souvent au bord de la Clyde, rapportent des objets des champs, des bois…  en classe.

Est-elle une grande pédagogue ? Sur 3 sites différents, elle n’est pas nommée. D’ailleurs, les femmes ne semblent pas être très pédagogues, puisque sur 62 noms de pédagogues, même récents, on ne compte que 4 femmes !

Une innovatrice… féministe :

Sa véritable innovation c’est l’appellation « école maternelle » pour remplacer « salle d’asile ». Hors cette appellation sacralise la mère en tant qu’enseignante et exclue les hommes du monde des petits.

Est-ce justifié, judicieux, alors que tous les pédagogues novateurs de l’enseignement  des petits sont des hommes ? Que la plupart de ceux qui réalisèrent ces avancées furent des hommes ? (citons encore  Jean-Frédéric Oberlin ou Denis Cochin, rien qu’en France)

Alors que le 1ier pédagogue qui concrétisa les idées d’Owen fut James Buchanan, ex-tisserand , avec l’assistance de Molly Young, une jeune fille de 17 ans ?

Alors que M. de Cormenin, promoteur de l’éducation enfantine en France, en Suisse et en Italie, écrit en 1848 :

« On a trop regardé en France, les asiles comme la succursale de la maternité . » …  « Ce serait une heureuse innovation  que de les y introduire ( les hommes), à titre d’inspecteurs bénévoles ».

Rêvons un peu !

Et si l’école « maternelle » avait été appelée « enfantine », ou « jardin d’enfants » comme ailleurs et si elle avait largement ouvert ses portes aux hommes au lieu de les exclure !

Et si Mme Pape-Carpentier n’avait pas été féministe et n’avait pas reçu de surcroit l’aval d’hommes politiques  déjà féministes eux aussi à son époque ?

Où en serait notre école aujourd’hui de la maternelle à l’Université ?

Gageons qu’on aurait sans doute évité le gâchis actuel :

une avalanche de moyens pour des résultats faibles, voire négatifs !

Et notons en passant, que le pouvoir politique de l’époque, totalement aux mains d’hommes censés être machos :

1) a pourtant créé un corps de fonctionnaires d’un bon niveau, dédié aux femmes et dont les hommes furent exclus après 1855.

2)  que ces femmes furent constamment promues, honorées, choyées par ce pouvoir.

3) que leur promotion se fait sur un mode collectif, au moyen de taxes prélevées principalement sur les producteurs, hommes pour la plupart, à qui on enlève tout droit de regard.

Dès 1833 ! ! !

Dans l’ensemble, les femmes, mêmes féministes n’ont jamais eu grand-chose à craindre de la justice ou du pouvoir politique de leurs pays. Au contraire, la répression des  pouvoirs politiques envers les opposants masculins fut presque toujours impitoyable.

L’exemple des luttes pacifistes contre la Conscription le montre bien .

A travers l’histoire, le bien-être des femmes fut un excellent argument politique pour le pouvoir… et un puissant moyen d’oppression- exploitation des hommes… et des femmes !

Le féminisme n’en est que le dernier avatar !

3 vies de victimes : 2ième partie

Clara Zetkin :

Née en 1857 en Saxe, d’un père maître d’école et organiste, elle devient elle-même institutrice en 1874. Très vite, elle quitte sa carrière pour devenir la compagne d’un révolutionnaire russe Ossip Zetkin, avec lequel elle vit en concubinage de 1878 à 1889. Elle a 2 enfants de lui et porte son nom. Elle se mariera à nouveau en 1899 avec un peintre, mais conservera le nom de Zetkin devenu alors connu.

Ce n’est qu’en 1891, en Allemagne, qu’elle devient rédactrice de « L’égalité » organe des femmes socialistes, fondé 2 ans plus tôt et qu’elle dirigera jusqu’en 1917.

Sa carrière est donc liée au parti socialiste, puis communiste allemand (PKD). En 1907, à Stuttgart, elle préside la 1ière Conférence Internationales des femmes socialistes et en 1910, la seconde ou elle lance la « Journée des droits de la femme », le 8 mars.

En 1915, elle participe à la création de la Ligue Spartakiste avec Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg. Cette ligue pacifiste, en pleine guerre, lui vaudra plusieurs arrestations  de courtes durées et de la prison.

En 1920, portée par la vague socialiste, elle devient députée du PKD et le restera jusqu’en 1933. Elle est préside alors le Reichstag, mais s’enfuit peu après en URRS pour fuir les nazi.

De 1921 à 1933, elle occupera de hautes fonctions au Comité Central du Parti et au Comintern.

Elle meurt à Moscou en 1933.

Encore une victime ?

A part de courts séjours en prison pour son pacifisme, (mais combien d’hommes furent emprisonnés, voire fusillés pour ce motif ?), elle ne fut pas vraiment inquiétée pour son activisme, tant politique que féministe. A partir de 1907, elle est même promue sans cesse à de hautes fonctions.

Quelques réflexions sur sa vie :

Comme Mme Pape-Carpantier, cette féministe notoire, internationalement reconnue n’a pas souffert de ses positions féministes et communistes, bien au contraire !

Peu active avant 1891, sans formation de journaliste, sa nomination dans ce journal étonne. Elle dirige vite la publication d’un des 5 organes officiels du SPD, parti en pleine ascension (300 000 adhérents en 1990, 2,5 millions en 1914 !) Est-ce dû à l’action passée d’Ossip, son compagnon disparu ? Mystère !

A moins qu’elle ne soit que l’exécutante zélée de consignes politiques émanant d’hommes, dirigeants du SPD, qui sont de fait les vrais féministes.

Citons August Bebel, Président du SPD en 1890, dans son livre « Femmes et Socialisme » en 1879 :

« La femme sera socialement et économiquement indépendante, libre, l’égale de l’homme … »

«… nourrices, écoles, amies, génération montante de femmes seront là pour assister la mère quand elle en aura besoin. »  … et bien sûr, dans un système de propriété collective !

Citons Kautsky, successeur de Bebel. Voici le Programme Socialiste de 1892 : chapitre 2

« Le travail des femmes dans l’industrie dissipe ses forces et l’exclut de la vie publique.». C’est ce que les féministes appellent actuellement abusivement la « double journée de la femme ».

« La démocratie socialiste poursuit la destruction de la famille », déjà largement entamée par l’exploitation des femmes prolétaires dans l’industrie capitaliste. Mais, dans la société socialiste :

« Les travaux du ménage doivent devenir de plus en plus l’objet d’une profession spéciale. » et

«  Par son travail, la femme sera sur le même pied que l’homme et obtiendra la même part à la communauté que lui. » (chapitre 7)

Il est clair que les dirigeants du SPD sont, dès 1879, des féministes convaincus qui inscrivent dans leur programme des buts féministes à leur action politique. Buts en grande partie réalisés en 2010.

Mais l’histoire de ce parti nous réserve d’autres enseignements surprenants.

Des traîtres féministes ?

En effet, le SPD, le 1ier parti ouvrier au monde, fort de 2,5 millions d’adhérents et de 110 députés au Reichstag va, en 1914 voter la guerre ! ! ! (comme la majorité des partis socialistes européens !)

Pourtant, en 1912, au Congrès de Bâle pour la paix, Clara s’est écriée :

« Les femmes socialistes s’opposent à la guerre … simple extension du capitalisme. »

Seule une poignée d’entre eux vont s’y opposer au sein de la Ligue Spartakiste. ( Karl Liebknecht, Rosa Luxemburg et son compagnon Leo Jogiches … et Clara Zetkin) qui seront exclus du SPD et emprisonnés. En novembre 1918, la révolution allemande chasse Guillaume II et le SPD prend le pouvoir avec Friedrich Ebert, président de la république de Weimar et Gustav Noske son ministre de la guerre. Tous SPD, tous féministes ! (c’est dans leur programme depuis au moins 1892 !)

Ils créent aussitôt des « Corps Francs » pour réprimer toute insurrection, en particulier celle des Spartakistes en Janvier 1919. Ce sera la « Semaine Sanglante » qui fera des milliers de morts parmi les ouvriers insurgés, dont Liebknecht, Rosa et Leo, assassinés sur ordre !

Questions ?

Comment se fait-il que des féministes, pacifistes en 1912, aient voté une guerre impérialiste, puis fait assassiner des membres de leur propre parti en 1919 ?

Pourquoi Clara Zetkin, Spartakiste, pacifiste, amie proche de Rosa Luxemburg, ne fut pas inquiétée en 1919, et fut même élue députée du KPD en 1920 ? En 1915, les Spartakistes sont exclus du SPD. Pourtant elle dirige « l’Egalité » jusqu’en 1917 !

De plus, elle échappera aux camps nazis après 1933, pour être choyée en URRS, alors que des milliers de communistes (pour la plupart des hommes) périssent dans ces camps.

Réponses :

La lecture attentive du programme spartakiste montre que Liebknecht ne mentionne jamais le droit des femmes et Rosa Luxemburg 1 seule fois (elle était surtout économiste) !

Peut-être une lettre écrite à Clara Zetkin par Lénine, autre Féministe spécialiste en répressions par le droit du peuple, pourrait nous éclairer :

« Nous ne pouvons pas exercer la dictature du prolétariat sans avoir des millions de femmes avec nous. »

Qu’est donc le féminisme ?

Les luttes de femmes victimes du Patriarcat …

Ou le subterfuge de Politiques (hommes et femmes), acharnés à exercer un pouvoir sans partage sur des masses crédules ?

2 autres pièces au dossier :

-comment Hitler parvint au pouvoir grâce au vote tout neuf des femmes allemandes après 1918.

-les fausses certitudes des lois « scientifiques » du socialisme, marxiste ou non et de leur usage pour étouffer toute critique.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s